Journal de la nébuleuse autonome romande
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La presse poubelle du matin a publié un long entretien épistolaire avec Peter K, qui est incarcéré à Bienne depuis 9 mois. Extraits choisis :
“Si vous deviez dire qui est Peter K. en quelques mots, en quelques lignes, que diriez-vous ?
Je peux dire aux lecteurs que mon métier est ingénieur, physicien et enseignant. J’appartiens à la génération de 1968. Nous avons essayé de construire un monde nouveau, un monde sans prison, sans camp de concentration, sans répression et sans destruction de l’environnement. Nous avons dérangé la quiétude des puissants et nous avons perdu. L’accusation correcte contre moi, c’est que je suis "un gauchiste" et un "défenseur de l’environnement". J’ai maintenant 68 ans et je n’ai pas l’intention de renier mes idéaux. D’autres sont restés 25 ans en prison pour leurs convictions, pourquoi pas moi ? Fukushima, les changements climatiques, la disparition rapide de nombreux animaux et de plantes montrent que je suis sur le bon chemin et que la justice et la police font fausse route.
Etes-vous un homme dangereux ?
Chaque personne mentalement saine, que l’Etat enferme, dépossède de ses biens et de ses droits, est dangereuse. Chaque animal qui se fait attaquer se défend, et c’est bien ainsi. J’espère que je resterai dangereux jusqu’à ma mort. Mais lorsque les autorités affirment que je suis dangereux, elles veulent dire autre chose. Le plus grand danger pour elles, c’est ma machine à écrire, qu’elles m’ont d’ailleurs volée. J’ai essayé de rendre publiques des irrégularités. J’y suis arrivé il y a cinq ans dans la presse, et maintenant les autorités essaient par tous les moyens et, surtout, par la propagande de me faire taire.
Vous avez tiré en direction des policiers en septembre. Le regrettez-vous ?
Je ne regrette rien de ce que j’ai fait. Bien au contraire. Si j’avais fait quoi que ce soit d’autre, je serais mort à l’heure actuelle ! J’avais à peine une chance sur 100 de survivre à cet assaut militaire de 200 policiers d’élite avec pistolets mitrailleurs, fusils à lunette, chiens, hélicoptères, etc. A aucun moment, même pas une seconde, je n’ai eu la liberté de décider de mes actes. Chacun de mes pas était conditionné par mes agresseurs.”
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