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Les merveilleuses nuits de la place Syntagma – 27 mai 2011, 8h
Je viens juste de rentrer de Syntagma et il est 7h15.
Insomniaque, je suis en train d’essayer de mettre un peu d’ordre dans mes pensées, mes sentiments et mes impressions.
Le deuxième jour du mouvement Syntagma a été plus intéressant, plus mûr et plus excitant à beaucoup d’égards.
Oui, il y a eu évidemment moins de monde que le premier jour, mais il y en a eu assez une fois de plus, et ils sont persistants. Tellement persistants qu’ils ne se laissent pas dissuader par de pluies torrentielles frappant la place soudainement et à plusieurs reprises. Auparavant, avec de telles tempêtes, les manifs auraient été annulées. Heureusement, on est allés au-delà de ce stade. La place Syntagma, c’est la Tahrir grecque. Le mouvement, contre la flagornerie et la condescendance, a commencé à prendre racine. Son troisième jour est attendu avec beaucoup d’intérêt. Mais commençons avec le début.
Avec très peu de sommeil, j’arrive à Syntagma vers 19h30. La première impression est négative. Un ami me raconte que, il y a juste une minute, un fasciste a attaqué des immigrants vendant des parapluies. « Et vous lui avez pas montrés où est sa place ? » - « On a. Il n’est plus là ». Je me demande comment il a eu les nerfs. Une des raisons pourquoi je suis en colère sur l’absence des camarades de Syntagma, c’est que leur condescendance a précisément pour résultat qu’ils facilitent les actions de ce genre de couards. Soit...Les immigrants sont toujours là et je n’ai vu aucun comportement raciste pareil.
Les gens viennent quand il commence à faire nuit. Il est 21h et le flux de gens vers Syntagma est beaucoup plus grand que celui des partants. Je rencontre un voisin avec son enfant que je n’ai jamais vu à une manifestation auparavant. Je tombe sur des camarades anarchistes qui sont des vétérans dans la rue. Ils sont là et en tout, ils apprécient ce qui se passe. Comment peut-on juger négativement l’occupation de Syntagma par des gens se tournant contre le régime ? Eux aussi, ils sont troublés que nos camarades continuent à rembarrer toute la situation et s’abstiennent...
Il n’y a à nouveau que peu de drapeaux grecs, mais toujours légèrement plus que hier. Il y a des gars qui se baladent portant le drapeau grec comme une cape. Ils sont très peu mais très visibles dans la foule. La présence de leur vêtements irrite, mais l’irritation est tempérée de manière significative lorsque je regarde les visages des gens ici. La plupart d’entre eux sont jeunes, avec des beaux visages lumineux et un air d’indépendance. Mon impression générale d’eux est bien meilleure que celle du premier jour (où l’on était confronté beaucoup plus à ce premier éveil petit-bourgeois, apolitique, confus de gens étant dans la rue pour la première fois entre autres...)
Je quitte la place et me dirige vers la route principale devant le Parlement. Ici, mon impression générale est à nouveau bien meilleure que celle du premier jour. On n’entend pas que « Voleurs - voleurs » et l’hymne nationale. Plutôt le contraire ! L’atmosphère est secouée par des slogans comme « brûle, brûle le bordel qu’est le parlement » et (à ma surprise) « journalistes, voyous, salauds » (tous les deux des slogans anarchistes classiques des jours d’antan). Il y a aussi des nouveaux slogans comme « ah et oh et je nique le FMI », une variation d’un slogan du DAP*, qui se criait très bien. [*Initiative d’étudiants nouvelle démocratie – le parti conservateur de droite – la référence à la Grèce a été enlevée du slogan].
Le climat est festif et plus passionné que celui du premier jour. On entend à nouveau l’hymne nationale mais pas aussi fréquemment et chantée avec la même passion que le premier jour. Elle n’est pas chantée par beaucoup et ils n’en chantent qu’une partie. Les flics semblent en avoir marre et ont l’air grincheux. Lorsque la police antiémeute apparaît vers les hauts du parlement, ils sont hués et attaqués par une masse de lasers. Devant moi, il y a une petite tente avec des gens dedans. On a l’impression que le mouvement va en avant, prend racine, ce n’est pas qu’un défoulement.
Sur la place, l’assemblée de démocratie directe a commencé. Pour moi, cette assemblée a été une révélation. Elle a montré que la partie consciente du mouvement Syntagma est largement avancée et résolue.
Une grande foule a pris part à la rencontre, bien plus grande que celle de hier. Si les gens participant à la mobilisation continuelle de Syntagma étaient à la hauteur du niveau de réflexion et de mise en question lors de cette rencontre, on serait au seuil d’une révolution invincible ! Les idées entendues feraient honte à ceux qui rembarrent ce mouvement essayant de faire un point en s’abstenant au nom de la pureté idéologique autoréferentielle.
Malheureusement, certains perçoivent la caricature de ce mouvement présentée par les médias de masse comme sa réalité. Mais la réalité est complètement différente. Qu’est-ce que je retiens des points de vue exprimés ?
Un gars a soulevé la question du drapeau grec et si un tel drapeau devrait être accepté (oui, si ceux qui le tiennent ne sont que des gamins, ou s’ils sont fascistes). La même personne a proposé que tous les drapeaux (rouge, rouge-noir, noir et autres) devrait être acceptable car c’est un acte de violence fasciste de bannir ceux voulant les porter. Il a aussi parlé du besoin de faire un nouveau drapeau qui exprimerait ce mouvement et, plus généralement, du besoin de ne pas se tenir à des symboles, mais à de la substance. Sa position a été applaudie.
Une femme a proposé que l’on ne paie pas pour quoi que ce soit. Pas pour les transports publics, pas pour les banques, pour rien. D’autres ont souligné le besoin de ce mouvement de gagner les lieux de travail et les universités. D’autres ont signalé le besoin de s’auto-organiser même mieux à tous les égards (information, nettoyage, bouffe et camping sur la place).
Un immigrant manifestant l’universalité de ce mouvement a reçu beaucoup d’applaudissement. Il a été amené par un camarade déclarant ouvertement sa position politique (anarchiste). Avant cela, la foule a fait taire un gars commençant à raconter de la merde raciste, alors qu’une intervention étonnante d’un gars de l’OYK [Unité de démolition sous-marine] s’est conclue par des « ces petits flics me font rire, que soit béni Koufodinas et ses mains ! » [Koufodinas était un membre du « 17 novembre », groupe de guérilla urbaine/terroriste]. Un gars de Barcelone a également parlé, soulignant le besoin du mouvement de prendre racine sur la place et de prendre les questions pratiques au sérieux.
La rencontre a été interrompue par une tempête soudaine, mais elle a recommencé quand elle s’est arrêtée. C’est là où j’ai parlé aussi.
J’ai mentionné trois points : a) que la télé est un ennemi de ce mouvement et qu’elle le représente de manière mensongère et malhonnête. Surtout Alafouzos et Sky TV sont les pires hypocrites, tout juste bons à cracher dessus. La même chaîne télé ayant soutenu le FMI et le mémorandum a maintenant le culot de donner des recommandations à ce mouvement qui est clairement contre le FMI. b) J’ai critiqué nos camarades et amis qui ont refusé ce mouvement, considérant que ça vaut même pas la peine d’y participer, qu’il est stérile et qu’il a une perspective dangereuse. c) J’ai soulevé la question des fascistes essayant de tabasser des immigrants et j’ai souligné catégoriquement que des tels comportements ne peuvent pas être acceptables (qu’ils méritent en fait des coups de pied). L’unité de ce mouvement n’inclut pas les fascistes. Le mouvement est universel pour toute l’humanité, il a été inspiré par des mouvements de résistance dans d’autres pays et il peut aussi inspirer d’autres pays. Je dois admettre que ce que j’ai dit à été reçu avec enthousiasme et c’est un autre indice pour le genre d’idées défendues par le noyau conscient du mouvement.
En général, l’atmosphère dans l’assemblée était sympa et agréable. Il y a eu quelques tensions (surtout concernant la question de la couverture par livestream de la rencontre), mais c’est inévitable dans des rencontres où des gens vivant et respirant participent.
Vers la fin, quelques gars ont apparu qui ont illustré par leur comportement le fossé entre les politiquement conscients et ceux qui ne s’y intéressent pas et qui sont apolitiques. Un d’eux a proposé qu’on chante (ceux qui connaissent, comme il a dit !) l’hymne nationale. J’ai répondu qu’il devrait chanter l’Internationale s’il la connaît. S’ensuivent moqueries, remarques sarcastiques comme quoi il devrait apprendre plus de chansons et pas seulement celles qu’il a apprises quand il avait cinq ans et on l’a demandé si l’obsession de certains gens avec l’hymne nationale fait qu’ils la chantent après avoir chié ou après le sexe !
On ne les a pas menacés, mais on a essayé de leur faire comprendre qu’il faudrait se détacher d’une chanson qui rend fier les fascistes locaux. En ce moment-là, j’ai revu un des deux gars portant le drapeau grec comme une cape et je n’ai pas pu m’empêcher de lui parler. (Comme je vais le mentionner plus bas, un des grands acquis de ce mouvement, c’est la facilité avec laquelle on peut parler aux gens que l’on n’a pas connus auparavant et se rencontrer.)
Le dialogue était merveilleux.
« Excuse-moi mon gars, pardon, mais tu portes quelque chose qui est suspendu sur un mât du bâtiment contre lequel tu cries, ce n’est pas un peu contradictoire ? »
« C’est eux qui ont trahi le symbole »
« C’est quel symbole, qui a été trahi ? Celui qui avait été apporté par un roi bavarois ? »
« Oui, mais ça incarne l’âme d’un peuple »
« L’âme d’un peuple peut exister dans beaucoup de choses et de symboles différents. Certains peuvent même être plus universels qu’un symbole national représentant un appareil de torture et de la mort »
Et soudain, toute la conversation change. Le mec prouve qu’il est beaucoup plus ouvert d’esprit et éduqué que j’avais pensé. Il accepte que tous les symboles sont ambigus et peuvent potentiellement être transformés en excuse et en justification pour l’assassinat de masse. Il est contre les frontières (! !). Il mentionne de manière désapprobatrice que les passeports ont été introduits après la Première Guerre mondiale, ce qui a entravé le mouvement libre. Il est loin d’être un fasciste. Cet exemple montre qu’on ne devrait pas juger des gens aussi facilement seulement sur la base des symboles qu’ils portent.
Le temps a passé. Il est après minuit. Les gens sont toujours dans la rue et sur la place. Il y a des petits groupes de discussion partout. Les gens discutent sur tout. On peut participer dans n’importe quel groupe ou en faire un nouveau.
J’ai rencontré plus de gens que jamais auparavant dans une protestation. Des geeks de Linux discutant sur combien Windows c’est de la merde. D’autres avec lesquels on discute les sens des mots et si l’on peut inventer un code conceptuel commun. Un ancien correspondant de guerre nous raconte des histoires horribles de Kosovo et de Haïti. Un étudiant fait un parallèle entre cette situation et Mai 68 et parle de la nécessité pour les étudiants de s’en ficher des examens et de descendre dans la rue. Un homme merveilleux un peu plus âgé, ayant arrêté toutes les substances (café, cigarettes etc.), est obsédé d’inviter Glezos* afin qu’il nous salue [Manolis Glezos est un militant et politicien communiste de gauche, fameux pour avoir enlevé le drapeau fasciste de l’Acropolis en 1941 derrière les dos des gardiens allemands]. Il y a des discussions sur où ce mouvement pourrait mener. Sur son pacifisme et sa violence. On est conscients que la classe dominante ne nous a pas encore réprimés et que ce n’est pas, comme la télé le prétend, parce qu’il n’y a pas d’« étrangers familiers » [littéralement, des « inconnus connus » - cette phrase est utilisée par les médias depuis des décennies pour désigner des groupes anarchistes causant des dégâts de propriété] – alors, pourquoi ont-ils récemment réprimé deux protestations de sit-in pacifiques ? - mais parce que la classe dominante sent que, si elle nous réprime, il y aura un retour de bâton, comme en Espagne. Dans la phase actuelle, il misent sur le fait que le mouvement dégonfle tout seul, et on est conscients que cette tolérance a une date de péremption, si le mouvement n’abandonne pas. Il y a l’intuition que la grande bataille viendra dans les jours suivants...
Pas très loin, des gens dorment dans des tentes et des couples s’embrassent. J’apprends par téléphone que les fascistes ont à nouveau attaqué à la rue Epirou, c’est la mise en application de la ligne de Chrysi Avgi* réprimandant tous les membres qui viennent à Syntagma, qui désobéissent à leurs directives de focaliser la lutte sur les quartiers d’Athènes...Dégoût...[*Chrysi Avgi – L’aube dorée – est la plus grande organisation fasciste en Grèce et la plus violente].
Les gens restant sur la place jusqu’à aussi tard sont généralement des types ’alternatives’. Piercings du nez et des vêtements décontractés. Un ami et moi, on retourne dans la rue principale, continuant à vibrer par les slogans des manifestants. Ils sont peu, mais complètement imperturbables. Je vois un autre drapeau grec. Je m’approche pour parler au gars le portant. C’est un immigrant !
[…] [Ndt anglais : Je n’ai pas traduit ce bref paragraphe car c’est sur des jeux de mots inventé avec l’ami de l’auteur. C’est intraduisible et ce n’est pas pertinent pour l’histoire...]
Il y a des bruits de tambour. Certains ont commencé une discussion avec les flics (non pas les androïdes de la police antiémeute, mais les bleus, qui sont capables de mener une discussion). Une question les gêne. « Ici, on est pacifiques et on ne vous insulte pas, mais si vous avez l’ordre de nous réprimer, allez-vous le faire ? » Qu’est-ce qu’ils auraient pu répondre ? « Ben, vous allez nous réprimer. Alors, pourquoi êtes-vous furieux lorsqu’ils vous appellent flics, porcs, assassins ? » Au bout d’un moment, les flics sont tout simplement partis ! Nous, on est restés là sans eux. On rigole. « On les a convaincus ! Ils ont changé de boulot ! Le parlement est laissé sans surveillance. Allons-y et prenons-le ! » C’était une blague, mais les gens se sont toutefois approchés du parlement. Et les flics sont revenus.
Ils nous poussent. Les uns avec un certain zèle, d’autres plus tranquillement. Mais ils poussent et ils sont hostiles. « Vous savez dans quel espace vous êtes entrés ? » dit leur leader. « Un bordel qu’on veut brûler » j’ai pensé. Certains résistent, mais on sait qu’on a pas d’espoir de l’emporter. Retour au trottoir. La route est à nouveau ouverte et le trafic de retour. Des voitures passent en klaxonnant en signe de solidarité. Très peu de gens sont encore là. Il n’y a plus de drapeaux grecs, mais ça danse et ça bat les tambours. L’aube arrive et on est sur le trottoir devant le parlement, une trentaine de nous. Le reste est sur la place. Un immigrant joue du tambour. On est tous en train de causer et même si l’on ne se connaît pas, on est devenus comme un groupe d’amis. Je rencontre un jeune mec qui dit qu’il avait été dans le DAP. « Jusqu’à maintenant, je suis toujours sorti à Keramikos*, j’étais un hippie et tout ce qui m’intéressait, c’était Facebook et le foot. Maintenant,j’ai été dans la rue jusqu’à l’aube depuis deux jours et pour la première fois, je ne vais pas sortir à Keramikos vendredi, mais rester ici ! » [*Keramikos est une zone de vie nocturne gentrifiée et branchée à Athènes.]
Une amie m’appelle, elle vient juste de rentrer à la maison : « Je n’arrive pas à le croire, je suis rentré avec un mec de Syntagma et il s’est révélé être un fasciste et a insulté les immigrants. Il m’a dit que si sa sœur sort avec un noir, il la tuera » et voici le lien entre l’humiliation raciste et l’humiliation sexiste et leurs tendances incestueuses refoulées...
A côté de moi, il y a un mec qui ressemble à John Lennon et un autre qui ressemble à Jim Morrisson. Scène surréaliste. On n’est plus que sept personnes qui restent. Quatre en train de partir et on va être plus que trois (dont l’ancien membre du DAP). On rit et on chante le morceau de Theodorakis « on est deux, on est trois, on est mille vingt-trois ». Il y a un moment, quelqu’un s’est levé de sa couverture mouillée et la secoue devant les visages des flics. Une sorte de confrontation commence, mais elle est évitée.
Les trois de nous, on traverse maintenant la place. On veut partir avec un slogan puisqu’on est les derniers, mais lequel ? On opte pour le vieux du DAP, dans une version plus radicale « ah et oh et je nique le FMI ».
Sur la place, il y a maintenant l’équipe de la télé de Papadakis qui veut nous interviewer. On refuse catégoriquement. « La télé combat ce mouvement et on ne va pas prétendre être ses représentants. Bande de lèche-cul, vous avez montrés quelqu’un disant qu’il allait à Syntagma pour se plaindre de la criminalité dans le centre-ville ! Vous êtes tellement des clowns ! »
Pas très loin, un paysan qui est venu à Athènes pour participer au mouvement dans le centre-ville crie : « Il leur faut quelques coups de pied. Ils cherchent des cons pour leur parler du mouvement et les montrent entre des pubs avec des seins et des culs. Ils humilient tout, les liquidateurs. »
Je dois partir. Je n’ai dormi que trois heures en trois jours et je serai de retour ce soir.
Depuis que j’ai 15 ans, j’ai participé à des occupations d’écoles et d’universités, des grèves générales, des mouvements anti-guerre, des actions antiracistes et des émeutes, souvent avec beaucoup d’émotions et d’enthousiasme. Ensemble avec décembre, ce mouvement m’épanouit comme aucun autre. J’ai des regrets pour ceux n’ayant pu le voir. Je suis triste pour ceux l’ayant mal compris. Plus que tout, j’ai des regrets pour mes camarades n’ayant pas goûté aux merveilleuses et uniques nuits de Syntagma.
Camarades, dépassez votre dogmatisme et embrassez ce mouvement avec tout vos cœurs !
Ne reproduisez pas dans votre camp idéologique la même connerie que le parti communiste et Chrysi Avgi, et ne prenez pas la caricature des médias de masse pour la vraie image.
Nous savons que les consciences changent dans la rue et c’était nous qui les avons appelés à rester dans la rue sans le savoir !
Il y a beaucoup à faire et il y a beaucoup de contradictions dans ce mouvement. Mais il est essentiellement le produit de gens libres sans patrons et il est là pour durer.
Aujourd’hui aussi à Syntagma !
La Tahrir grecque nous attend !
Source : Occupied London - From the Greek Streets
Traduit de l’anglais par Le Réveil
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