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lundi 12 mars
Mesdames et messieurs attention, le match va commencer : tout les médias ont yeux et caméras rivés sur le ring électoral où va se produire le spectacle de l’année !
Tout ce branle-bas de combat, toute cette énergie médiatique et politicienne, pour si peu... Un bourrage de crâne pendant des semaines pour en arriver au misérable résultat d’une participation de moins de 40% des possesseurs de droite de vote... Si l’on compte que 40 % de la population genevoise ne possède pas la nationalité suisse et n’a donc pas entièrement accès aux urnes (et quand elle y a accès, elle vote dans des proportions encore moins élevées que les Suisses), la « société » serait aux mains de quelque 20% de la population. Le ridicule de la situation saute aux yeux : nous ne vivons même pas dans une dictature de la majorité où le désir du plus grand nombre légitimerait l’oppression des minorités, mais bel et bien sous la mainmise d’une petite catégorie sociale autiste qui parle son propre langage, respecte ses propres normes et partage ses propres valeurs. L’abstentionnisme reste le premier parti du peuple, et le cynisme le sentiment le plus répandu vis-à-vis de la mascarade électorale.
La caste politique, dont l’autosatisfaction n’est absolument pas ébranlée par ce désintérêt grandissant pour le système démocratique, s’octroie le monopole de l’action ; tout ce qui sort du cadre parlementaire ou lobbyiste est dénoncé comme étant illégitime et souvent réprimé. Les exemples se ramassent à la pelle : la criminalisation de la Critical Mass, les évacuations de squats à Genève, la répression des manifestations « festives » ou non du premier mai, rassemblement à la mémoire d’Umüt, street party contre l’UDC à Lausanne témoignent du fait que lorsque quelques uns essaient de prendre leur futur en main et qu’un mouvement tente de déterminer par lui-même sa subjectivité politique sans chercher le dialogue avec la caste politique, ils est à récupérer ou à détruire. La "culture alternative" est couverte de louanges condescendantes quand elle reste docile et pacifiée (associations, pétitions, états généraux avec les élus) mais elle est réprimée dans le silence dès que ses pratiques se révèlent en rupture avec les méthodes politicardes. Ils veulent s’assurer d’avoir le monopole de l’occupation de l’espace public et s’en donnent les moyens : que ça soit par le bâton (matraques, flicage, arrestations, plaintes) ou la carotte (financements, affiches, soutien dans les medias...).
Pendant ce temps là, dans le monde réel, la vie continue, pas vraiment émue par les sourires glacés des affiches électorales. D’ailleurs, pourquoi s’en émouvoir ? A gauche comme à droite, le débat politique se réduit au nombre d’immigrés à expulser, à la bonne proportion d’augmentation des effectifs de la police, à comment mieux militariser l’espace public (caméras ou police de proximité ?). Des discours populistes, monocordes et parfaitement identiques les uns aux autres - les différences ne sont que détails - qui glissent sur une population de plus en plus indifférente. Tout au plus quelques fascisants arrivent encore à faire un peu d’agitation en remuant les angoisses xénophobes de quelques vieux. Mais au fond, personne n’y croit. Et c’est tant mieux.
Le cirque électoral n’est qu’un mauvais match de catch où les trahisons opportunistes succèdent aux alliances hypocrites. Le rictus figé, les lutteurs paradent grossièrement sur un ring au milieu d’une salle vide. Ils gesticulent, multiplient les actions symbolique et les discours creux pour grappiller les 10 voix qui leur garantiraient une voiture de fonction, un passage régulier à la télévision et le droit d’imposer à la majorité les intérêts d’une minorité. Le public, les commentateurs et les acteurs savent que tout cela n’est qu’un jeu.
Aussi refusons-nous d’applaudir à ce spectacle vide et ennuyeux. Nous savons tous que si les élections pouvaient réellement changer quelque chose, elles seraient déjà illégales. Laissons ces politiciens qui puent le fric et l’hypocrisie jouer leur rôle tout seuls au milieu du ring et commençons plutôt à reprendre notre futur en main. Hier comme aujourd’hui, on ne combat pas l’aliénation avec des moyens aliénés.
Conspirons ensemble pour penser l’impensable !
Des camarades pour l’autorganisation généralisée
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