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Le succès de la manifestation anti-OMC de samedi est certain : plus de 5 000 personnes présentes pour protester contre le capitalisme, dont au moins la moitié – contrairement aux dires des politiques et des journaleux – issus du mouvement autonome et prêt à soutenir avec entrain ou sympathie la violence déployée durant le défilé.
Ceux qui ont ramassé la colère des manifestants sont évidemment les symboles les plus opulents de la grande bourgeoisie et du capitalisme : banques, hôtels et voitures de luxe, boutique de location de limousines et bijouterie de luxe, café starbucks, international trade center, etc. Autant d’avatars du système qui nous narguent au quotidien et dont on ne pleurera certainement pas les dégâts.
Pourtant, le constat à la lecture de la presse tranche avec la joyeuseté des événements : on nous parle de « 200 casseurs infiltrés dans la manif », comme si les éléments radicaux qui participaient à la manifestation étaient une infime minorité (quelques réformistes iront jusqu’à pleurnicher à la télévision que 99 % de la manifestation s’opposait aux casses opérées). Au contraire, le tronçon autonome du défilé en représentait la moitié. Il ne s’agissait pas d’un petit groupe violent parasitaire dans la manifestation, comme voudraient le croire les altermondialistes, mais bien d’un mouvement qui fait désormais partie intégrante des manifestations et des contre-sommets, développant ses propres modes d’actions, théories et mobilisations.
L’attitude des altermondialistes est compréhensible : face à un phénomène d’une telle ampleur, ils sont totalement dépassés et refusent de voir l’essoufflement de leurs propres mouvements : ils se réfugient dans le déni de réalité et dans les théories complotistes, plutôt que d’affirmer le fait que désormais une frange absolument non négligeable des mouvements sociaux a fait le choix de la radicalité et de la violence plutôt que celui du compromis.
Il est évidant qu’a travers ce genre de pratique, c’est moins les propriétaires des biens visé que la gauche institutionnelle et altermondialiste qui en pâti et c’est tant mieux. Nous ne pourrons jamais envisager des perspectives pour un mouvement social émancipateur tant que la gauche n’aura pas été anéanti.
Détail amusant, notons le comportement des Verts qui, après avoir plaidé en faveur de l’acceptation du nouveau bâtiment de l’OMC à Genève, se sont emparés de la tête de la manifestation, déployant drapeaux et par là même toutes leurs contradictions. Saluons tout de même leur décision de porter plainte contre la police pour travail mal fait : nous pensons également qu’elle aurait pu ne pas intervenir du tout.
L’attitude de la police, qui n’est pas intervenue tout de suite correspond à une stratégie tout à fait compréhensible : elle a attendu l’entrée de la manifestation dans le quartier populaire des Pâquis pour lancer les hostilités, car si des échauffourées avaient eu lieu au centre-ville, de nombreux bâtiments et boutiques de luxe qui font la réputation de la Genève internationale auraient pu en souffrir. Alors que dans un quartier populaire dont les autorités se fichent éperdument, les dommages collatéraux sont un moindre mal : de toute évidence, ils préfèrent voir la vitrine d’une épicerie de quartier brisée que celle d’un magasin de montres de luxe. Qu’à cela ne tienne, aucun dégât matériel n’est à signaler aux Pâquis. Nous savons reconnaître nos frères et sœurs.
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