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Dépêche

Suisse

1358 caméras publiques surveillent Genève

Genève (Le réveil) —

Souriez, vous êtes filmés ! Selon un rapport réalisé par le Département de la sécurité, de la police et de l’environnement (DSPE), 1358 caméras en mains publiques surveillent les Genevois. La majorité observe des voitures et des installations. Seules 169 filment la rue. Cela pourrait changer ! En janvier, le DSPE présentera le projet d’une installation-pilote de vidéosurveillance « sur un secteur géographique limité, lieu de multiples infractions », ce qui désigne un périmètre plutôt vaste…

« En parallèle, explique la conseillère d’Etat Isabel Rochat, nous présenterons un règlement d’application de la Loi sur la protection des données, afin de donner un cadre aux demandes des communes ou des particuliers. » Autant d’initiatives attendues avec curiosité, car « pour l’heure, il est difficile de se faire une idée sur l’utilité réelle des caméras. Il nous manque des statistiques sur le nombre de délits commis dans les zones où se trouvent les caméras par rapport aux autres », explique Roger Golay, président MCG de la commission judiciaire.

Des caméras partout

Avant cela, il a fallu dresser un état des lieux. Le rapport, qui laisse dubitatives les préposées à la protection des données, recense 366 caméras surveillant le domaine public dans les communes (bâtiments communaux, parkings, installations sportives, déchetteries). La Ville de Genève et en particulier ses musées en concentrent 215. Deux d’entre elles surveillent le domaine public : l’horloge fleurie et la sortie de la caserne des pompiers.

Le Grand-Saconnex surveille massivement ses écoles (de la Place et de la Tour), ses parkings et ses bâtiments publics. Cologny « espionne » aussi son centre sportif, sa voirie et son église. Les autres communes ne comptent qu’une poignée de caméras chacune. Dix communes (sur les 45 du canton) disposent de moyens d’observation. Elles seront bientôt rejointes par Carouge, qui va implanter 17 caméras, mais aussi Chêne-Bourg, Bernex et Chêne-Bougeries. Lancy, Satigny et Onex pourraient suivre. Certaines collectivités ont toutefois renoncé à toute installation. C’est le cas de Collex, Vernier et Plan-les-Ouates.

57 caméras pour le trafic

Le gros des installations est en main cantonale. A lui seul, le complexe de Champ-Dollon rassemble 175 caméras (dont 8 tournées vers l’extérieur). L’Hôtel de Police totalise 123 installations, dont 82 à l’intérieur, affectées « à la prévention des délits et des crimes », dit le rapport. La Direction de la mobilité vient loin derrière avec 57 caméras pour la régulation de la circulation. Et ailleurs ? Deux poids lourds : l’Aéroport, 220 caméras, un tiers dans les parkings, un tiers sur le tarmac et un tiers dans les locaux. Les TPG, dont chaque véhicule dispose de quatre à huit caméras, ferment la marche.

Remis il y a peu, le rapport du DSPE est diversement accueilli : « La commission judiciaire le demandait depuis plus d’un an », regrette son président Roberto Broggini. « Il est incomplet et imprécis », selon les termes du député Vert. Le texte répond toutefois aux attentes du PDC. « Sa cartographie offre une base pour la réflexion que notre parti souhaite depuis pas mal de temps », souligne le député Vincent Maitre, comme en témoigne un projet de loi sur la vidéosurveillance déposé en 2009. « Nous attendons toujours un concept global sur un système dont aucune étude ne prouve l’efficacité », explique pour sa part la socialiste Loly Bollay. Les débats se poursuivront ces prochaines semaines.

« Un travail lacunaire »

Le rapport sur la vidéosurveillance laisse perplexe la préposée suppléante à la protection des données, Anne Catherine Salberg. « C’est un inventaire plus qu’un véritable rapport, je suis un peu consternée alors que nous attendons ce rapport depuis plus d’un an. Ce document manque clairement de structure. En particulier, il ne dit pas si les caméras existantes respectent la nouvelle loi sur la protection des données : notamment sur le délai de conservation des données, leur visionnement, les ayants droit. Il ne recense pas toutes les caméras connues : par exemple, il ignore celles à Frambois ou à la Clairière. Il ne met pas en exergue l’excellent travail fait par exemple par les communes de Carouge, du Grand-Saconnex, de Meyrin, de la Ville de Genève et la collaboration mise en place avec le service de surveillance des communes, qui a élaboré une directive sur la vidéosurveillance. Il en va de même avec Genève Aéroport, qui a procédé à un important travail comprenant un inventaire exhaustif des caméras, une procédure interne de traitement de toute nouvelle demande ainsi que la création d’un comité d’évaluation interdisciplinaire. » Pour finir, la préposée souhaite qu’un concept sur la vidéosurveillance soit élaboré « en concertation. Après tout, nous faisons un important travail d’accompagnement sur ce sujet depuis deux ans. » M.BN (source:leur presse tdg)

Le contrôle c’est pas drôle ! Crève les yeux de l’État ! Nique les caméras !

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le 14 décembre 2011
Tags: Répression

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